Blog d'Ecolex

Interview de Christopher Magalhaes / GCC Construction

Nous avons eu la chance de nous entretenir pendant une heure avec Christopher Magalhaes, chef de groupe et responsable de travaux au sein de l’agence lyonnaise de GCC Construction. Cette interview passionnante nous a permis d’en apprendre davantage non seulement sur les contraintes et les challenges qu’un intervenant collaborant directement avec une entreprise de désamiantage peut rencontrer lors d’un chantier, mais aussi sur la prise de risques découlant de cette opération si périlleuse qu’est le désamiantage. D’autre part, Christopher Magalhaes revient sur sa première rencontre avec Ian Allison, qui a marqué le démarrage de la collaboration entre GCC et Ecolex.

Pour comprendre toutes les étapes d’un projet de désamiantage, nous vous invitons à consulter ce guide complet sur le désamiantage.

Pouvez-vous nous présenter GGC Construction de manière globale et nous en dire plus sur les points essentiels de son histoire ainsi que de son évolution ?

Il y a un peu moins de 50 ans, l’Entreprise Industrielle, qui a été fondée il y a plus d’un siècle, est devenue l’Énergie Industrielle. C’est cette entreprise qui était en charge de la production d’énergie en France, activité qui impliquait des ouvrages de génie civil, tel par exemple que le barrage de Tignes, qui a été un ouvrage emblématique à l’époque. L’Énergie Industrielle, alors communément abrégée « EI », était composée de deux entités : l’entité « gestion de l’énergie » et l’entité « production d’ouvrages en génie civil », afin de rendre possible la production de l’énergie.

En 1999, le groupe GDF Suez a racheté l’entité de gestion de l’énergie. Suite à cet évènement, 20 cadres de chez EI ont pris la décision de racheter l’autre entité, celle liée à la production d’ouvrages en génie civil, et de se lancer dans l’aventure entreprenariat ; c’est ainsi que l’entreprise EIGCC (comprenez Énergie Industrielle Génie Civil Construction) est née. C’est une très bonne idée qu’ont eue ces cadres, puisqu’aujourd’hui, les actionnaires sont très fortunés et se retrouvent à la tête d’une entreprise qui fait plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires principalement sur la France et la Suisse, mais aussi à moindre échelle sur le Maghreb ainsi que la Côte d’Ivoire. EIGCC, qui s’est progressivement allégée de ses deux premières lettres pour ne plus devenir que GCC, est aujourd’hui divisée en 3 pôles :

  • le pôle « construction », composé d’ingénieurs qui étudient des affaires et de commerciaux qui se chargent de les vendre. Il y a des appels d’offres au travers desquels nous essayons de remporter des affaires, puis ce sont les ingénieurs qui font des travaux avec des chefs de chantiers ainsi que des ouvriers. Ce pôle représente environ 65% du chiffre d’affaires de GCC Construction.
  • Le pôle « corps d’état technique » ; GCC étant une entreprise liée à l’énergie du fait de son histoire, des affinités ont été conservées avec les corps d’état techniques, à savoir l’électricité, la plomberie, le CVC (Chauffage Ventilation Climatisation) et surtout le GTB (Gestion Technique du Bâtiment). Ce pôle représente environ 25% du chiffre d’affaires de l’entreprise.
  • Le pôle « montage immobilier », qui a été créé il y a quelques années. En effet, si dans le bâtiment, on peut n’intervenir que sur un petit nombre de chantiers mais tout de même générer beaucoup de trésorerie, c’est l’inverse qui se produit dans le secteur de l’immobilier, où malgré un rythme soutenu, la trésorerie reste souvent faible. GCC a ainsi instauré un partenariat avec ? (à confirmer par Christopher), une entreprise qui existait déjà et que nous avons absorbée. Depuis 3-4 ans, nous essayons de développer une culture de promotion immobilière.

En ce qui me concerne, je travaille pour le pôle « construction », au sein duquel nous réalisons des ouvrages purement gros œuvre. Les travaux de gros œuvre consistent à intégrer un chantier pour y faire les fondations et bétonner puis à le quitter pour laisser les corps d’état techniques et secondaires achever l’ouvrage. D’autre part, nous faisons aussi de l’entreprise générale, ce qui va de l’abattage des arbres sur un terrain à la remise des clés au client.

D’ailleurs, c’est exactement ce que nous avons fait sur le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse, à l’occasion duquel j’ai pu rencontrer Ian Allison et Ecolex pour la première fois. Il s’agit d’un chantier assez imposant qui devait initialement durer 5 ans et qui va finalement durer 8 ans au total. Ce chantier, dont le chiffre d’affaires global dépasse les 100 millions d’euros, a lieu dans un hôpital existant qui a été construit il y a plus de 40 ans, entre 1971 et 1980, époque au cours de laquelle on construisait avec de l’amiante ; il faut dire que c’était tout de même un produit magnifique ayant plein de vertus, auquel on n’a d’ailleurs toujours pas réussi à trouver un équivalent aujourd’hui ! L’hôpital étant truffé d’amiante, avant d’entamer les travaux, il a été nécessaire d’organiser le désamiantage avant de procéder au coffrage du bâtiment. C’est à ce moment-là, en juillet 2016, que le partenariat entre GCC et Ecolex a démarré. Pour ma part, je n’interviendrai pas sur ce dossier dans son intégralité puisqu’il s’agit d’un chantier trop long ; j’y suis donc resté 3 ans et demi, depuis le démarrage du projet jusqu’en décembre 2019. Tout au long de cette période, c’est moi qui ai traité avec Ian Allison en tant que responsable de la production du chantier.

Le pôle « construction » de GCC englobe-t-il donc également des projets de rénovation, tel que le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse que vous venez de mentionner ?

Oui, tout à fait. Le pôle « construction » réalise aussi bien des travaux de construction neuve que des travaux de réhabilitation. En Île-de-France, par exemple, nous avons des agences dédiées exclusivement aux travaux de réhabilitation, qui ne chiffrent que des chantiers réhabilitation. Cela s’explique par le fait que dans cette région, les moyens sont autres qu’en province. En effet, même si notre agence de Rhône-Alpes est la deuxième en France après l’agence parisienne, nous ne cloisonnons pour autant pas nos activités comme c’est le cas en Île-de-France. Nos équipes sont donc aussi bien capables de faire des chantiers de réhabilitation que des chantiers de construction neuve. Pour prendre mon exemple personnel, lorsque j’ai quitté le chantier de Bourg-en-Bresse, je suis parti sur deux chantiers de construction neuve.

Dans le cadre de la réhabilitation, on peut également distinguer 2 phénomènes : la réhabilitation lourde, qui a lieu sur un site préalablement évacué, et la réhabilitation en site occupé, à l’instar de l’hôpital de Bourg-en-Bresse. Sur un tel chantier, les contraintes sont maximales puisque le fonctionnement de l’hôpital doit toujours rester la priorité, ce qui se comprend. Il nous a donc fallu réaliser nos travaux de façon classique, mais avec des contraintes supplémentaires telles que la maîtrise des poussières libérées, des bruits générés, etc. Les risques encours ne sont pas toujours possibles à maîtriser, et c’est d’ailleurs ce que nous avons compris à nos dépends à plusieurs reprises sur ce chantier.

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Nous reviendrons aux détails du chantier de Bourg-en-Bresse un peu plus tard dans cette interview et aimerions pour l’heure avoir un peu plus de détails au sujet des travaux de réhabilitation que vous menez chez GCC ; ce type de chantiers concerne-t-il uniquement les grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille…) ou bien est-ce qu’il y en a tout autant sur le reste du territoire français ? D’autre part, les projets de réhabilitation ont-ils généralement lieu en site occupé ou bien s’agit-il plutôt de chantiers de réhabilitation lourde, sur site préalablement évacué et vidé ?

Pour répondre à cette question, avant toute chose, il est important de bien noter qu’il y a une équation financière dans laquelle il faut s’inscrire et qui va regrouper une multitude de paramètres à prendre en compte.

Le premier de ces paramètres consiste en la gestion du foncier ; s’il y a davantage de travaux de réhabilitation à Paris, c’est tout simplement parce qu’il n’y a plus de foncier. Pour faire de la construction neuve, il faut du terrain disponible. Paris est une ville ancienne ; la première couronne a été construite il y a quasiment un siècle et la deuxième, il y a un demi-siècle. Le territoire parisien s’est donc étalé au fil du temps, mais pour ces raisons-là, il y aura forcément toujours plus de travaux de réhabilitation mis en œuvre à Paris que sur le reste du territoire français ; Paris reste la capitale de la France et il est donc nécessaire de rénover en permanence le bâti.

Le deuxième paramètre à prendre en considération va, lui, concerner le type d’ouvrage en question ainsi que le maître d’ouvrage pour le compte de qui les travaux vont être menés. En effet, il est important de bien distinguer 3 types d’ouvrages : le logement, le tertiaire et les établissements recevant du public. Faire de la rénovation de logement, c’est très coûteux et très classe ; ce type de travaux va donc plutôt être initié par une certaine catégorie de la population et ne représente pas ce qui se fait le plus. Aujourd’hui, soit les gens habitent dans de l’ancien et se chargent eux-mêmes de la rénovation, soit ils habitent dans du neuf. Les réhabilitations lourdes globales de bâtiments haussmanniens, pour du logement, ça n’existe pas. En revanche, ce sont des travaux qui vont pouvoir être menés dans le tertiaire, puisqu’on sort du domaine du particulier et qu’on a alors affaire à des maîtres d’ouvrage qui ont davantage d’argent. Pour reprendre l’exemple haussmannien que j’ai commencé à développer tout à l’heure, dans le secteur tertiaire, à Paris, les Galeries Lafayette ou encore le grand Printemps ont été réhabilités. Du côté de Lyon ou d’autres villes françaises conséquentes, de grosses réhabilitations ont également lieu. GCC œuvre par exemple actuellement sur un gros projet de réhabilitation à Nice, sur la Promenade des Anglais. Faire de la réhabilitation coûte cher et implique la dépollution. D’autre part, s’engager sur ce terrain-là, c’est aussi faire face à des sujets contraignants auxquels on ne se confronte pas dans le cadre de la construction neuve. Par exemple, quand on construit du béton, on travaille à ciel ouvert, alors que quand on réhabilite et qu’il faut faire une reprise en sous-œuvre du fait du besoin de transferts de charges structurales, on va travailler sous le plancher, et dans un tel cas, les contraintes sont bien plus grandes.

Enfin, le troisième paramètre, c’est la question de savoir si on va œuvrer en site occupé ou non. L’intervention en site occupé génère des contraintes, donc, forcément, des sujets financiers. Pour reprendre l’exemple de Bourg-en-Bresse, l’hôpital n’a pas le choix ; il faut qu’il continue à fonctionner. Il s’agit du plus grand établissement hospitalier du département de l’Ain, département étant très vaste et se composant d’une multitude de communes. Bourg-en-Bresse étant la plus grande, cet hôpital est fréquenté par beaucoup de personnes et doit donc être conséquent pour accueillir convenablement ses patients. Les services qu’on y retrouve vont de la maternité à la gériatrie, en passant par les urgences, le scanner ou encore l’IRM. Il ne peut donc pas fermer, et c’est immuable. Afin de permettre le maintien de ce fonctionnement constant, nous avons avant tout dû construire quelques bâtiments neufs dans le foncier restant afin de pouvoir enclencher des déménagements depuis les zones à traiter vers les bâtiments neufs. Un chantier comme celui-là doit donc être phasé : réalisation de constructions neuves, livraison de ces constructions, déménagement de services…mais seulement partiel, puisqu’il n’a pas été possible de construire suffisamment de bâtiments neufs pour couvrir la surface totale de l’hôpital, qui fait 15 000m². Au vu du foncier restant, nous avons pu construire environ 5000m², ce qui a permis de déménager 30% de l’hôpital. Dans ces 30% libérés, on commence alors à désamianter, puis on se met à reconstruire ; c’est ainsi que s’organise le phasage. Sur le chantier de Bourg-en-Bresse, il y avait 5 phases, chacune d’entre elles étant limitée en termes de périmètre. Il est donc arrivé que notre zone de travaux s’établisse dans un cube à 6 faces autour desquelles il y avait l’hôpital, en fonctionnement ; au-dessus de nos têtes, sous nos pieds, sur les côtés. Une multitude de contraintes viennent alors se superposer les unes sur les autres : des réseaux hospitaliers devaient passer du nord vers le sud, à travers notre chantier. Des gaines étaient également présentes, et il nous fallait soigneusement les gérer lors du désamiantage pour ne surtout pas que l’amiante puisse être libéré ailleurs que dans notre zone confinée. Et il ne s’agit là que de quelques exemples parmi tant d’autres… Néanmoins, nous n’avions pas d’autre choix que de conjuguer nos travaux avec ces contraintes, puisque l’hôpital n’a pas les moyens de construire exactement le même hôpital à côté et de démolir l’ancien.

Voilà donc quels sont les trois paramètres essentiels à prendre en compte pour faire de la réhabilitation. Pour essayer de répondre à votre question de façon un peu plus précise, je vous dirais qu’il y a de la réhabilitation sur tout le territoire et que tout dépend de qui provient le besoin ; les maître d’ouvrage publics (hôpitaux, prisons, etc) des quatre coins de la France ont forcément besoin de réhabilitation de manière continuelle, tandis que ceux du secteur tertiaire connaissent un besoin moindre et vont ainsi pouvoir se concentrer plutôt sur les grandes villes.

“En 16 ans de carrière, j’ai bien évolué : j’ai démarré en tant qu’ingénieur travaux débutant, puis je suis passé ingénieur travaux confirmé, puis ingénieur travaux principal pour finalement en arriver à mon rôle actuel chez GCC, à savoir responsable de chantier sous la casquette de chef de groupe/directeur de travaux.”

Maintenant que nous en savons davantage sur GGC, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? Quel est votre parcours ? Quels sont les points clés de votre carrière ? Quel est votre rôle actuellement au sein de GCC ?

Je suis lyonnais, et à 20 ans, après Maths Sup Maths Spé, je suis parti à l’ESTP (École Spéciale des Travaux Public) de Paris, où j’ai suivi une formation d’ingénieur en génie civil sur 3 ans. Une fois le diplôme en poche, j’ai intégré l’entreprise Demathieu Bard, qui est de la même taille que GCC, avec des agences en Île-de-France mais aussi partout ailleurs sur le territoire. J’y ai travaillé pendant 6 ans, dans le secteur de l’entreprise générale, à savoir sur des chantiers, comme je le disais plus haut, qui vont de l’abattage des arbres à la remise des clés. Chez Demathieu Bard, j’ai fait beaucoup d’hospitalier, ainsi qu’une prison. J’ai vagabondé sur les chantiers entre Lyon, Bordeaux et Marseille en passant par Montpellier, où se trouve le dernier projet sur lequel j’ai œuvré. Mon expérience chez Demathieu Bard a été très enrichissante, mais je faisais beaucoup de déplacements et à un moment donné, j’ai souhaité me sédentariser sur la région lyonnaise. Jusque là, et comme c’est le cas de beaucoup d’employés chez Demathieu Bard, j’avais l’étiquette de « baroudeur de chantiers » qui était prêt à faire des déplacements en permanence. Pour les premières années de carrière, c’est bien, mais après, on a envie de se poser ! C’est donc à ce moment-là, il y a 10 ans, en 2011, que j’ai intégré GCC Construction. Aujourd’hui, je travaille sur des chantiers assez variés : de la construction neuve en tertiaire et en milieu hospitalier, secteur où je fais aussi parfois des chantiers de réhabilitation. En ce moment, je suis sur un chantier de construction neuve en tertiaire pour Volvo Trucks. Je suis donc un peu touche-à-tout ! En 16 ans de carrière, j’ai bien évolué : j’ai démarré en tant qu’ingénieur travaux débutant, puis je suis passé ingénieur travaux confirmé, puis ingénieur travaux principal pour finalement en arriver à mon rôle actuel chez GCC, à savoir responsable de chantier sous la casquette de chef de groupe/directeur de travaux.

En tant que responsable de chantier, avez-vous à gérer une équipe composée d’ingénieurs débutants et d’ingénieurs confirmés ?

Tout à fait. En ce moment, nous sommes sur un chantier dans le cadre duquel nous nous prenons en charge toutes les étapes allant du terrassement à la remise des clés. Pour le moment, nous avons achevé le terrassement, posé les pieux, et nous sommes maintenant sur le gros œuvre. Certains ingénieurs sont dédiés au gros œuvre, d’autres aux façades, d’autres encore aux corps d’état techniques et corps d’état architectes. Moi, je pilote toutes ces opérations tout en prenant en charge la gestion du client, des travaux complémentaires et de mes sous-traitants.

“Chez GCC, [pour préparer le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse] nous avions mené une consultation avec plusieurs entreprises, notamment Ecolex. Le courant est tout de suite passé entre Ian et moi et j’ai vu en lui un vrai entrepreneur qui maîtrisait son domaine.”

Pourriez-vous nous parler plus en détails du début de votre collaboration avec Ian Allison et Ecolex ? Avez-vous travaillé ensemble uniquement sur le chantier de Bourg-en-Bresse ou vous êtes-vous également retrouvés sur d’autres chantiers par la suite ?

J’ai travaillé avec Ian Allison uniquement sur le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse. Je l’ai rencontré en avril/mai 2016 et nous avons conclu le dossier en juillet/août 2016. Si, au départ, nous avons traité 2 millions d’euros, nous savions d’ores et déjà non seulement qu’il allait y avoir beaucoup de travaux complémentaires liés à la découverte d’amiante, mais aussi qu’il était nécessaire de contractualiser un périmètre de façon très rigoureuse. Chez GCC, nous avions mené une consultation avec plusieurs entreprises, notamment Ecolex. Le courant est tout de suite passé entre Ian et moi et j’ai vu en lui un vrai entrepreneur qui maîtrisait son domaine. D’autre part, le style anglais m’a plu lorsqu’on s’est rencontrés ; j’ai vraiment adhéré à sa façon de discuter avec beaucoup de franchise, sans crainte de parler d’argent. Si les français peuvent parfois être un peu frileux à ce sujet, les anglais, eux, ne prennent pas de pincettes et cela permet souvent d’avancer beaucoup plus vite ! En dehors de l’aspect humain, ce qui a fait que j’ai choisi Ecolex, c’est aussi le fait qu’il s’est inscrit dans notre budget, mais aussi dans nos contraintes de planning, puisqu’il était question de réaliser un gros chantier à forte cadence. Enfin, Ian n’a pas hésité à déplacer ses équipes des Bouches-du-Rhône vers Bourg-en-Bresse pour œuvrer sur ce chantier. Il m’a montré qu’il pouvait répondre à toutes nos demandes et nous avons ainsi décidé de signer un contrat. À partir de là, nous sommes partis pour une aventure qui a duré 3 années axu cours desquelles en plus des relations professionnelles, il y a aussi des relations humaines agréables qui se sont tissées entre Ian et moi. Voilà, d’une part, pour le partenariat Christopher Magahlaes/Ian Allison.

D’autre part, en ce qui concerne le partenariat GCC/Ecolex, il est tout aussi solide. En effet, les ouvriers et les chefs de chantiers d’Ecolex sont ultra compétents qui connaissent les contraintes d’un site. Ils ne se contentent pas de désamianter sans se poser de questions mais sont capables de prendre toute la mesure des véritables contraintes qui se présentent en site occupé hospitalier, ce qui correspond au summum des contraintes qui peuvent se poser sur un chantier. Par exemple, il est arrivé que des réseaux d’eau traversent la zone confinée. Or, il s’agissait de réseaux d’eau vétustes de plus de 40 ans. Un jour, il y a eu une fuite, et l’eau s’est mise à perler sur le polyane permettant le confinement de la zone amiantée. Or, au bout d’un moment, l’eau s’est tellement accumulée que dans la nuit du samedi au dimanche, le polyane a rompu. Les risques que l’amiante soit libéré en dehors de la zone étaient alors des plus accrus. Les sondes présentes dans la zone de confinement, qui donnent l’alerte en cas de perte de dépression, ont permis aux équipes d’astreinte chez Ecolex d’intervenir rapidement. Elles ont fait preuve d’une grande réactivité, en pleine nuit, au beau milieu du week-end ! Les opérateurs sont immédiatement entrés en zone de désamiantage pour traiter la fuite et poser des pompes en urgence afin d’éviter la libération d’amiante. Plutôt que de rejeter la faute sur le maître d’ouvrage et de considérer que la fuite était de son fait en raison de la vétusté des réseaux, Ecolex et GCC ont mis des stratégies en place afin de satisfaire le client et de préserver la santé de toutes et tous en situation de crise. Ecolex fait montre d’une agilité à savoir-être, en plus d’une agilité à savoir-faire, qui est de toute façon à la base du métier de désamianteur, que je trouve plus que correcte.

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En dehors de cette opération menée en urgence que vous venez de nous décrire, avez-vous d’autres exemples à partager avec nous qui illustrent le fait qu’une intervention de désamiantage peut impacter votre activité ?

Des exemples comme celui-là, sur 3 ans et demi de chantier, je pourrais vous en citer au moins 15. Nous savions qu’au moins une fois par mois, nous allions avoir un problème à gérer. Au début je ne m’attendais pas du tout à ces contraintes ainsi qu’aux conséquences qu’elles pouvaient avoir. Ce ne sont pas des choses que l’on apprend à l’école !

Pour vous donner un autre exemple, le chantier de Bourg-en-Bresse était si conséquent qu’il a fallu le phaser, c’est-à-dire le découper en plusieurs périmètres distincts sur lesquels intervenir, l’un après l’autre. L’hôpital de Bourg-en-Bresse, qui fait, je le rappelle, 15 000m2, était initialement en forme de T ; en fonction du planning établi, nous intervenions parfois dans la barre en haut à droite du T, parfois dans la barre en haut à gauche, d’autres fois encore dans la barre du bas, etc. Or, si dans la théorie, ceci paraît simple, c’est loin d’être le cas dans la pratique… En effet, les périmètres d’intervention sont généralement définis en fonction des joints de dilatation. Dans la région Sud-Est, on trouve généralement un joint de dilatation tous les 25 mètres ; le plus souvent, on essaie de prendre ce repère car cela simplifie les choses en termes de travaux. En effet, quand il y a un joint de dilatation, en général, une double structure est en place. Une telle limitation de périmètre permet donc de démolir une structure sans forcément toucher à la structure qui suit et donc de conserver partiellement les fondations. Cependant, à l’hôpital de Bourg-en-Bresse, ce découpage n’était pas réalisable à tous les coups, puisque parfois, au niveau du joint de dilatation se trouvait une gaine, par exemple. Dans ce genre de cas, il fallait donc s’arrêter un peu avant le joint ou aller un peu plus loin. Sur l’une des phases du chantier, nous oeuvrions au troisième et dernier étage d’un bâtiment et il était nécessaire pour nous de dépasser le joint de dilatation. Il nous a donc fallu démolir ainsi que refaire l’étanchéité ; or, alors que nous n’avions pas encore terminé les travaux d’étanchéisation, il y a eu une intempérie au cours d’un week-end (encore une fois !) et l’eau de pluie est ainsi passée à travers le joint de dilatation. L’eau s’est mise à perler au niveau 3 pour finalement descendre au niveau 2 et gagner le niveau 1, donc l’hôpital, hors périmètre d’intervention. Résultat des courses : non seulement par notre faute, l’hôpital a été inondé, mais en plus, l’eau a traversé une tresse coupe-feu qui se trouvait dans le joint de dilatation et qui était amiantée. L’eau qui a inondé l’hôpital était donc de l’eau amiantée ! Dans un tel cas de figure, il faut réussir, dans un premier temps, à traiter la fuite, mais dans un deuxième temps, il faut aussi récupérer l’eau et démontrer au client que l’on n’a pas pollué de zones se trouvant à l’extérieur de notre périmètre d’intervention, car un tel incident peut poser de graves problèmes sanitaires. L’Inspection du Travail est venue sur place, de même que l’ARS (Agence Régionale de Santé) et l’enjeu a alors tourné au politique. Nous nous en sommes sortis, mais si nous avons réussi à le faire, c’est grâce à une agilité forte de la part d’Ecolex.

Comme vous l’aurez compris, nous avons eu plusieurs situations de crise à gérer, et à chaque fois, Ecolex a su répondre de façon très dynamique à des contraintes fortes.

Tout cela ne fait-il pas de votre métier un métier stressant ?

Oui, tout à fait. Mon métier implique une pression permanente à gérer, aussi bien dans le domaine de la sécurité des personnes que dans celui de la maîtrise des risques. Mais, le désamianteur, lui, fait face à une pression bien plus importante, puisqu’il génère un risque sanitaire conséquent. Les équipes d’Ecolex savent gérer cette pression, qui ne les empêche pas d’avancer et d’être efficaces !

De tous les chantiers de désamiantage sur lesquels vous avez pu travailler, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

L’unique chantier de désamiantage que j’ai fait, c’est celui de l’hôpital de Bourg-en-Bresse. Or, ce chantier ayant été extrêmement phasé, il y avait finalement une multitude de micro-chantiers dans un seul gros chantier.

Parmi tous ces « micro-chantiers », je ne suis pas sûr qu’il y en ait un qui m’ait plus marqué qu’un autre. Chaque sujet était intéressant. Pour moi, concrètement, le désamiantage, c’est de la démolition en site pollué. Parfois, nous étions sur des chantiers techniques d’un point de vue de la démolition ; en effet, même si tout le monde sait que lorsque l’on détruit un poteau, on ne peut pas rester en-dessous, il y a eu des situations sur le chantier de Bourg-en-Bresse où il nous a fallu démolir des poteaux. Il était donc nécessaire, au préalable, de faire des ouvrages de renforcement. Or, avant que ces ouvrages ne soient réalisés, il fallait dépolluer… Les étapes étaient donc imbriquées les unes dans les autres, ce qui ne facilite pas la tâche !

C’est la raison pour laquelle il n’y a pas vraiment un chantier que j’ai préféré, puisque tous étaient différents et avaient leur lot de complexités. Ce que j’ai adoré, à chaque fois, c’est de travailler main dans la main avec des gens qui connaissaient les contraintes du désamiantage et de leur apporter ce que moi je connaissais en termes de contraintes de démolition. Il nous fallait finalement imbriquer nos contraintes les unes dans les autres, et ce dans le contexte d’un phasage aussi bien chronologique (qui intervient avant qui ?) que technique. C’est ça qui était pour moi le plus intéressant. Je suis un ingénieur, et nous les ingénieurs, on aime bien avoir affaire à des moutons à 5 pattes !

Avant d’entamer une opération de désamiantage, un diagnostiqueur doit passer pour établir la liste de tous les produits amiantés de la zone. Or, vous imaginez bien que dans un hôpital en fonction, personne ne laisse rentrer le diagnostiqueur ! Pour autant, une fois que l’hôpital a libéré des zones, des diagnostiqueurs ont été missionnés. Nous avons dû travailler main dans la main avec eux et les aider à accéder au plénum, partie qui se trouve dans le faux-plafond et qui renferme tous les réseaux, ces derniers pouvant être amiantés (réseau électrique, réseau aéraulique…). Or, avant même d’accéder au plénum et d’y faire des prélèvements, il faut déjà prélever un échantillon du faux-plafond lui-même. S’il est amianté, il est alors nécessaire de mettre un chantier en place pour le dépolluer, et ce n’est qu’une fois cette étape franchie que les diagnostiqueurs pourront aller voir du côté du plénum et des réseaux. Puis, en fonction des résultats de leurs tests, d’autres opérations de désamiantage seront organisées. Et pour que les désamianteurs puissent travailler dans de bonnes conditions, nous, nous devons démolir autour. Toutes ces pratiques se réalisent donc parfois en parallèle ! Et pour ne rien simplifier, nous nous trouvions dans un hôpital de plus de 40 ans, avec ses multitudes de strates de vie empilées les unes sur les autres ; le sol PVC sur lequel nous marchions était donc loin d’être la première couche ! Il a ainsi fallu creuser, retirer chacune des couches, et c’est parfois 3 ou 4 couches en-dessous que l’on peut trouver une colle amiantée.

“La force d’Ian et de ses équipes réside dans le répondant. Et ça, ça n’a pas de prix.”

Sur quels critères vous êtes-vous basés pour choisir une entreprise de désamiantage lorsque le besoin s’est présenté sur le chantier de Bourg-en-Bresse ? Pourquoi avoir opté pour Ecolex et pas une autre entreprise ?

Une entreprise de désamiantage, c’est avant tout une énorme procédure de la gestion et la traçabilité des matériaux pollués. En d’autres termes, à partir de l’intervention du diagnostiqueur jusqu’à l’enfouissement des matériaux pollués, il faut toujours que l’amiante soit tracé. Cette procédure est encadrée par des certifications AFNOR dont l’entreprise de désamiantage doit être titulaire mais qu’elle peut aussi très facilement perdre ; elle doit donc redoubler de vigilance. En effet, en cas de perte de cette certification, le désamiateur met la clé sous la porte dès le lendemain ! Il est donc essentiel d’avoir un système qualité bien en place au sein de l’entreprise pour s’assurer de pouvoir répondre à toute cette procédure imposée. Même si lorsque l’on est amenés à engager une entreprise de désamiantage, sur ce sujet, on n’est généralement pas trop inquiets, puisque les désamianteurs ne peuvent pas jouer avec la réglementation en vigueur et sont obligés d’être sérieux, il y a tout de même certaines entreprises qui sont parfois moins sérieuses. Elles sont connues dans le secteur et proposent des prix plus bas que les autres. Un maître d’ouvrage qui serait prêt à payer moins cher pour rentrer dans son budget et ce au détriment de la traçabilité prendrait donc d’importants risques (d’ordre sanitaire d’abord mais aussi parfois pénal), puisqu’il est responsable de l’amiante présent sur son site.

En plus de choisir une entreprise qui respecte les certifications AFNOR, il faut s’assurer que cette dernière compte sur des équipes suffisamment agiles pour faire face à des problèmes quotidiens qu’elle ne maîtrise pas. En effet, comme je le disais précédemment, jamais, au cours de ma carrière, je n’aurais cru faire face à un seul des problèmes auxquels nous avons pu être confrontés sur le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse. Pour gérer des problèmes inattendus et impossibles à détecter, il faut donc être très réactif. Même si je l’ai déjà dit, je tiens à insister sur le fait que là-dessus, chez Ecolex, ils sont très, très bons !

En ce qui me concerne, je n’ai travaillé que sur un chantier de désamiantage en site occupé, donc je ne peux pas comparer avec un chantier de désamiantage qui se déroulerait en site non occupé, qui, j’imagine, doit être beaucoup plus simple à gérer. Ce que je peux dire, donc, sur le site occupé, c’est que la force d’Ian et de ses équipes réside dans le répondant. Et ça, ça n’a pas de prix, puisque chez GCC, nous avons ainsi pu non seulement démontrer des choses au donneur d’ordres, mais aussi trouver des solutions dans des situations critiques.

Finalement, pour répondre plus précisément à votre question, les critères sur lesquels je me base sont les suivants : agilité, réactivité, procédures de désamiantage et, bien entendu, respect du prix et des délais.

Quels conseils donneriez-vous à un collègue pour l’aider à bien choisir une entreprise de désamiantage ?

Tout d’abord, lors de la réponse apportée à l’appel d’offre, je lui dirais d’être attentif au type de mode opératoire de désamiantage proposé. En effet, il faut savoir que chaque entreprise de désamiantage a son mode opératoire en interne. Pour vous donner un exemple, sur le chantier de Bourg-en-Bresse, à un moment donné, nous nous sommes rendus compte qu’il était nécessaire de désamianter des panneaux de façade en amiante. Or, les équipes d’Ecolex avaient déjà quitté le chantier. Deux autres entreprises de désamiantage se sont donc positionnées ; l’une nous proposait de désamianter ces panneaux en niveau 1 tandis que l’autre prévoyait plutôt une intervention de niveau 2. Les prix n’étaient donc pas du tout les mêmes ! Cependant, de notre côté, nous savions d’ores et déjà que l’Inspection du Travail ne validerait pas une intervention en niveau 1 ; nous avons donc préféré aller vers l’offre la plus chère, celle en niveau 2, afin de faire les choses dans les règles. Il est essentiel de sonder l’entreprise pour voir si les procédures en interne sont bonnes et si elles assurent à l’entreprise générale comme au maître d’ouvrage qu’aucun risque ne soit pris.

Le deuxième point à analyser, c’est la gestion du planning. Lorsque l’on a un vieux bâtiment de 10 000 m2 à désamianter, une opération terminée au bout de 3 mois, ce n’est pas la même chose qu’une intervention terminée au bout de 6 mois ! Il est donc important de vérifier si l’entreprise est bien staffée, puisque les désamianteurs ne peuvent pas monter en puissance avec de l’intérim. Si cela est totalement envisageable dans le gros œuvre, c’est impossible dans le désamiantage. L’entreprise doit donc compter sur un effectif propre suffisamment important pour répondre aux contraintes du planning. Au moment des négociations préalables au chantier de Bourg-en-Bresse, Ian m’avait démontré que les équipes d’Ecolex étaient suffisamment fournies.

Dans mon cas personnel, et c’est ici l’homme qui parle, pas le représentant d’entreprise, les relations humaines avec Ian ont été parfaites. Comme j’ai pu le dire précédemment, du fait de son côté british, il ne m’a jamais rien caché, et ça, c’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié !

Il est assez étonnant d’entendre qu’il puisse arriver qu’une entreprise de désamiantage propose un mode opératoire qui ne serait pas validé par l’Inspection du Travail. Comment cela est-il possible ?

Le sujet est assez complexe ; si on a l’impression que chaque mode opératoire proposé sera forcément validé par l’Inspection du Travail, ce n’est en réalité pas aussi simple que ça.

Sur un chantier à Marseille, il est arrivé qu’un mode opératoire en niveau 1 soit validé dans le cadre du désamiantage de cassettes en façade. Cela a été possible puisque l’inspecteur du travail a assuré que l’intervention libèrerait un taux de fibres d’amiante par litre d’air inférieur au seuil autorisé. D’autre part, la zone de population la plus proche se trouvait à 5km du site.

Sur le chantier de l’hôpital de Bourg-en-Bresse, si nous avions appliqué ce mode opératoire, pourtant préalablement validé par l’Inspection du Travail dans le cadre d’un autre chantier, nous aurions pris de gros risques sanitaires. En effet, lorsque nous désamiantions la façade de l’hôpital, des fenêtres donnant sur des chambres de patients se trouvaient à 5 mètres seulement. Dans ce cas de figure, le même mode opératoire validé à Marseille ne l’aurait pas été à Bourg-en-Bresse. Si nous n’avions pas été vigilants et si nous avions malgré tout appliqué ce mode opératoire en niveau 1 plutôt qu’en niveau 2, nous aurions eu des problèmes avec l’Inspection du Travail ! Chaque cas est différent et absolument toutes les caractéristiques du site doivent donc être prises en considération au moment du choix du mode opératoire.