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Électricité et désamiantage : les 4 points critiques à ne jamais sous-estimer

Désamiantage et électricité

Au-delà des contraintes habituelles d’un chantier de désamiantage, l’électricité demeure un problème récurrent. Les obligations réglementaires et les besoins du chantier sont souvent sous-évalués par les entreprises et les maîtres d’ouvrage. Pourtant, quatre points essentiels méritent une attention particulière.

1. La consignation des installations existantes

L’humidification et la brumisation, techniques courantes de désamiantage, rendent la consignation des installations électriques indispensable pour éviter tout risque d’électrisation. Cette consignation doit être réalisée par un technicien compétent et habilité, missionné par la maîtrise d’ouvrage. Dans certains cas, l’intervention du concessionnaire est obligatoire : anticipez cette demande.

En cas d’impossibilité, le réseau concerné doit être clairement repéré et protégé. La consignation électrique et des autres réseaux reste souvent difficile à obtenir, notamment sa formalisation.

2. Le bilan de puissance

Annexe indispensable à tout mémoire technique ou PDRE, le bilan de puissance liste les équipements déployés et calcule les puissances simultanées requises. Sur certains chantiers, l’aéraulique de zone nécessite de nombreux extracteurs pouvant demander une puissance importante.

Ce bilan précise également les besoins en 220 ou 380V, monophasé ou triphasé. Toutes les configurations ne sont pas disponibles sur site : déterminez s’il faut installer un simple coffret de chantier et une alimentation extérieure (en tenant compte des délais du concessionnaire).

3. La vérification des installations électriques provisoires

L’installation provisoire doit permettre de travailler en sécurité. Une vérification exhaustive par un organisme extérieur ou un technicien compétent est obligatoire, avec rapport comportant plan et réserves à lever avant démarrage.

Même pour une installation minimale avec unité mobile de décontamination, assurez-vous de la bonne mise à la terre. Le technicien doit formaliser son contrôle sur un document présent sur chantier, même si le rapport définitif demande quelques jours.

4. L’alimentation secourue

Les interventions de niveau 2 ou 3 exigent de secourir les installations électriques pour maintenir en fonctionnement les éléments essentiels en cas de coupure : systèmes de décontamination, mise en dépression, éclairage. L’entreprise met en place un groupe électrogène de secours à déclenchement automatique.

Prévoyez l’emprise de cet équipement et assurez-vous qu’il dispose d’une autonomie compatible avec l’absence des personnels. Ne confondez pas secours électrique et déprimogène de secours : leurs rôles sont complémentaires, mais leurs objectifs différents.

Conclusion

Même si l’électricité est un métier à part entière, sa bonne appréhension au sein d’un chantier de désamiantage est essentielle à la réussite du projet.

Par Cédric Moullet
Directeur général d’Ecolex, Cédric Moullet coordonne les opérations, l’efficacité et les standards qualité — il partage ses retours d’expérience et sera ravi d’échanger sur LinkedIn.