La question se pose de savoir ce qu’il est possible de faire des déchets contenant de l’amiante sans que cela ne représente un risque pour la santé publique. Découvrez avec nous les différentes alternatives auxquelles on peut avoir recours.
Du côté des professionnels
En Europe, il existe deux solutions industrielles visant à traiter les déchets contenant de l’amiante, à savoir la vitrification et l’enfouissement.
La vitrification
C’est la grande nouvelle de l’été 2020 dans le domaine de l’amiante : ce vendredi 18 septembre 2020 a été célébré le redémarrage de l’activité de l’usine INERTAM, étant de nouveau en service depuis le 1er juillet 2020, après avoir été en redressement judiciaire pendant un an.
Cette usine est une filiale d’Europlasma, groupe français expert des solutions de dépollution spécialisé dans les technologies dites « de rupture », et plus particulièrement de la torche à plasma, qui permet d’atteindre des températures extrêmement élevées. Europlasma oeuvre ainsi à mettre en place diverses applications de la torche plasma, dont une visant à l’inertage et au traitement des déchets dangereux ainsi qu’à la production d’énergie renouvelable.
Pour en revenir à l’usine INERTAM, fondée en 1992 par EDF puis rachetée par Europlasma en 2003, il s’agit du seul site au monde qui utilise la torche à plasma pour pour détruire définitivement les déchets amiantés en faisant fondre les fibres, ce qui annule leur toxicité.
Le procédé de vitrification se déroule en 4 étapes :
La préparation des déchets
Les sacs de déchets contenant de l’amiante sont transportés par un chariot porte-conteneur automatique, ce qui permet de limiter les risques sanitaires humains. Ce chariot traverse un sas à trois portes avant de déposer les déchets dans un broyeur spécialisé.
Une fois les déchets broyés, ils sont répartis et stockés différemment selon leur famille : silice, calcium, combustible ou plâtre. Or, les quatre types de déchets sont mis en fusion en même temps et dans des proportions permettant un mélange subtil entre chacun, ce qui garantit un processus de fonte optimal.
La vitrification de l’amiante
L’acheminement des déchets broyés vers l’enceinte d’affinage, où se trouve un four spécialement conçu pour la fonte, se fait en continu. Là, sous l’effet de deux torches à plasma, ces déchets sont portés à la température dite « de fusion », qui oscille entre 1400° et 1600°. En effet, bien qu’utilisées dans le domaine de la construction pour leurs propriétés ignifuges, les fibres d’amiante ne peuvent résister à une telle température.
Le matériau fondu, portant le nom vitrifiat, ne représente ainsi plus de risques toxiques pour la santé. Il gagne alors une dernière zone d’affinage où tourne une troisième torche à plasma à une température moins élevée (700 kW contre 2 MW dans le four de fusion) afin de maintenir le vitrifiat en fusion (aussi appelé cofalit) à température.
Le traitement des fumées
Un tel procédé de fonte entraîne l’émission de fumées et de gaz qui sont redirigés vers un système spécial visant à les traiter afin qu’ils ne représentent aucun risque toxique.
L’évacuation et la valorisation du cofalit
Le cofalit est déversé dans une lingotière installée dans une zone de stockage, où on le laisse refroidir à l’air libre avant de le fragmenter.
Ce nouveau matériau alors obtenu est valorisable et souvent utilisé sous forme de granulats en tant que sous-couche routière. Or, des recherches sont actuellement menées afin de trouver d’autres pistes de valorisation, telles par exemple que le stockage d’énergie solaire.
Pour comprendre toutes les étapes d’un projet de désamiantage, nous vous invitons à consulter ce guide complet sur le désamiantage.


