S’il est clair que l’évaluation ainsi que la maîtrise du risque amiante sont indispensables afin que la santé de toutes et de tous soit préservée, tous les secteurs ayant impliqué le recours à l’amiante doivent désormais trouver d’autres matériaux pour le remplacer. Quelles options existe-t-il ? Quels sont les matériaux de substitution de l’amiante ?
Les caractéristiques de l’amiante
Nous savons que l’exposition à l’amiante engendre des risques sanitaires non négligeables. Pour autant, il présente de nombreuses propriétés qui ont mené les entreprises de construction à l’utiliser massivement dans le cadre de leurs chantiers à partir des années 1930, et ce jusqu’à interdiction en France en 1997.
En effet, il est à noter que l’amiante :
- Présente une forte résistance au feu, ce qui en fait un matériau incombustible et ininflammable. Autrement dit, il ne brûle pas et ne se consume pas
- Résiste grandement à la traction, plus que certains matériaux tels que l’acier, et aux attaques chimiques
- Est un très bon isolant :
- thermique (aussi bien du chaud que du froid)
- phonique (il masque bien le bruit)
- électrique
- Se compose de diverses fibres à faible densité, ce qui en fait un matériau léger
- Est étanche et hydrique, et peut donc absorber et restituer l’eau sans que cela ne le déforme
- N’est pas onéreux, donc on peut l’exploiter à moindre coût
Telles sont les principales raisons pour lesquelles l’amiante a été très utilisé non seulement dans le milieu du BTP (Bâtiment et Travaux Publics), mais aussi dans celui de l’industrie automobile et ferroviaire (dans le cadre de la production de freins, de pots d’échappement, de joints de wagons de trains, etc).
Du fait de son utilisation massive, ce matériau a longtemps revêtu de grands intérêts industriels et donné un emploi à plusieurs milliers de personnes au sein des usines de production d’amiante.
Pourtant, malgré tous ces points positifs aussi bien purement techniques et matériels que sociaux, la dénonciation des dangers de l’amiante pour la santé a gagné en importance parallèlement à sa forte exploitation.
Pour comprendre toutes les étapes d’un projet de désamiantage, nous vous invitons à consulter ce guide complet sur le désamiantage.
Les principaux matériaux de substitution de l’amiante
Afin de conserver au maximum ces propriétés dans le domaine de la construction tout en limitant les risques encourus pour la santé, on peut envisager de remplacer l’amiante par divers matériaux, à savoir :
- Les fibres végétales :
- Les fibres de cellulose : la cellulose est la molécule organique que l’on trouve le plus fréquemment ; en effet, on la retrouve dans la composition de la paroi cellulaire de nombreux végétaux (plantes et arbres). Il s’agit d’un glucide constitué de chaînes linéaires de molécules de D-glucose. En plus de servir à fabriquer du papier journal ou encore des vêtements en tissu de coton, les fibres de cellulose peut être utilisées pour remplacer l’amiante (flocages, isolants, protections thermique et acoustique).
- Les fibres minérales artificielles :
- La laine de verre : résultant d’un procédé de fusion et de fibrage à partir de sable et de calcin ou de verre recyclé, la laine de verre est un matériau prenant le plus souvent la forme d’un gros matelas composé de fibres entremêlées qui emprisonnent l’air. Ce matériau est donc généralement utilisé en tant qu’isolant thermique et phonique.
- La laine de roche : de même que la laine de verre, ce matériau apparaît grâce à un processus de fusion et de fibrage à partir de basalte (roche volcanique). Résistante à de très hautes températures, la laine de roche est ainsi un bon isolant thermique, mais aussi phonique.
- Les fibres céramiques réfractaires : il s’agit de fibres conçues par fusion à très haute température d’un mélange d’alumine et de silice (en Europe) ou de kaolinite (en Asie et aux Etats-Unis). On en fait usage pour des applications dépassant 800°C. De même que les laines minérales, elles sont principalement utilisées en comme isolants thermiques et phoniques.
Dangerosité des matériaux de substitution de l’amiante
Bien qu’étant moins dangereux pour la santé que l’amiante, ces produits parallèles ne sont pas dénués de tous risques pour autant.
Risque faible : les fibres de cellulose
L’exposition aux fibres de cellulose utilisées en tant que matériaux d’isolation peut donner lieu à des effets néfastes et toxiques chez l’Homme au niveau des muqueuses oculaires et des voies respiratoires. Pour autant, très peu de cas sont observés.
Les laines minérales, matériaux de substitution de l’amiante représentant un risque sanitaire modéré
Les effets des laines minérales sur l’organisme sont suivis de près. En effet, les fibres de la laine de verre et la laine de roche étant cassantes, elles peuvent provoquer des irritations et des démangeaisons cutanées ainsi qu’altérer les voies respiratoires supérieures, provoquant inflammations, trachéites ou encore laryngites, par exemple.
Ces fibres étant très fines, elles peuvent, comme celles de l’amiante, atteindre les alvéoles pulmonaires si inhalées. Pour autant, depuis le scandale de l’amiante, les fabricants ont apporté des modifications à la composition de ces laines afin de réduire leur biopersistance dans l’organisme. Depuis 2001, le Centre international pour la recherche contre le cancer (CIRC), considère donc que la laine de verre et la laine de roche peuvent avoir des “effets cancérogènes possibles mais insuffisamment évalués”.
Risque important : les fibres céramiques réfractaires
Les fibres céramiques réfractaires peuvent présenter différents diamètres. Seules celles dont le diamètre est inférieur à 3 μm peuvent pénétrer dans les alvéoles pulmonaires de l’appareil respiratoire humain et présentent donc un caractère biopersistant inquiétant.
Ces fibres sont ainsi classées cancérogènes de catégorie 1B dans le règlement CLP (Classification, Labelling, Packaging). Autrement dit, elles sont considérées comme des “substances dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé”. L’usage des fibres céramiques réfractaires se réserve ainsi à des applications spécifiques qui doivent être encadrées par des mesures de prévention strictes.
Conclusion
Divers matériaux de substitution ont été développés au fil du temps par l’industrie afin de remplacer l’amiante tout en conservant le maximum de ses propriétés. Pour autant, l’usage de ces matériaux n’est pas sans risques, et il est important d’y avoir recours en prenant les précautions nécessaires afin de limiter au maximum les dangers potentiels pouvant en découler.
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