Vous êtes propriétaire d’un bâtiment ou d’un groupe de bâtiments, de quelque usage que ce soit (logements, usines ou établissements commerciaux) ? Alors vous êtes tenus de déterminer s’il(s) contien(nen)t de l’amiante. Comment déterminer la présence ou non d’amiante ? Quelles sont les étapes qui précèdent les travaux de désamiantage ? En quoi consistent les Repérages Amiante ? Tel est ce que nous vous invitons à découvrir dans cet article !
Comment repère-t-on la présence d’amiante via les Repérages Amiante ?
Quel que soit son type, un Repérage Amiante doit être réalisé par un organisme de diagnostic immobilier certifié par l’Etat. Lorsqu’un diagnostiqueur est invité à intervenir sur un site, il a pour mission d’examiner en priorité les matériaux d’isolation ainsi que les faux plafonds. Or, il ne s’agit pas là des seuls matériaux d’un bâtiment pouvant contenir de l’amiante. En effet, il doit également vérifier l’état des :
- Murs, sols et plafonds
- Toitures et façades
- Equipements installés à l’intérieur du bâtiment, comme ceux liés au gaz ou à l’électricité, par exemple
- Conduits et canalisations
Les Repérages Amiante avant travaux et avant démolition
Il existe différents types de Repérages Amiante. Or, dans cet article, nous allons nous concentrer sur deux d’entre eux : le Repérage Amiante avant travaux (RAAT) et le Repérage Amiante avant démolition (RAAD).
Le Repérage Amiante avant travaux (RAAT)
On réalise ce type de repérage avant que ne soient entrepris les travaux de réhabilitation et de rénovation de tout bâtiment dont la date de permis de construire est antérieure au 1er juillet 1997. Le Repérage Amiante avant travaux, ou RAAT, permet de localiser tous les matériaux amiantés dans tout ou partie d’un bâtiment. Et donc d’avoir une idée claire, via le prélèvement d’échantillons, des risques sanitaires en jeu.
Le RAAT se traduit par des :
- Opérations de repérage des matériaux contenant de l’amiante
- Sondages destructifs des zones du bâtiment faisant l’objet de travaux : le diagnostiqueur pourra alors examiner les parties “cachées” du site et y déterminer le plus précisément possible la présence d’amiante
Suite à son intervention, le diagnostiqueur rédigera un rapport de repérage, qui permettra au propriétaire du bâtiment ainsi qu’à l’entreprise de désamiantage qui interviendra ensuite de disposer de toutes les informations nécessaires pour mettre en place un plan de chantier complet et détaillé.
Le Repérage Amiante avant démolition (RAAD)
On procède au Repérage Amiante avant démolition, ou RAAD, afin de pouvoir démolir un bâtiment en toute sécurité et dans le respect des procédures imposées. De même que le DAAT, il, doit être réalisé pour tous les bâtiments ayant obtenu un permis de construire avant le 1er juillet 1997.
L’objectif du DAAD consiste à repérer, retirer ou confiner des matériaux présentant des fibres d’amiante. Lorsque certains de ces matériaux se trouvent dans des parties non visibles ou non accessibles du bâtiment, le diagnostiqueur pourra, là aussi, recourir à des sondages destructifs afin d’effectuer ses prélèvements.
Le rapport de repérage faisant suite à un DAAD permet de limiter les risques sanitaires et de protéger l’environnement ainsi que la population (à savoir les riverains ainsi que les ouvriers qui seront en charge de mener à bien le chantier de désamiantage).
Bien choisir votre organisme de diagnostic immobilier
Afin de pouvoir compter sur un bon diagnostic de repérage, il est essentiel d’en confier la réalisation à un acteur comptant sur l’expérience et les qualifications suffisantes. En effet, dans le domaine de la gestion de l’amiante, il s’agit d’une des étapes les plus importantes. Elle ne doit donc pas être négligée ; avant de traiter les matériaux amiantés, il faut d’abord les identifier et les localiser !
Ainsi, parce que la réalisation de Repérages Amiante est une procédure cruciale, il est nécessaire de disposer d’un budget à la hauteur de l’importance de cette dernière. En effet, il est essentiel de s’assurer qu’un nombre suffisant d’échantillons seront prélevés et analysés. Mais également que le diagnostiqueur est couvert par les assurances suffisantes lors de son intervention et qu’il a les accréditations nécessaires. Pour cela, il vous faudra faire appel à un organisme de diagnostic fournissant des services de qualité.
Ainsi, solliciter le diagnostiqueur proposant les tarifs les plus bas peut ne pas se révéler comme étant la meilleure des stratégies. Cela en reviendrait, en d’autres termes, à faire des fausses économies. Même si les accréditations d’Etat représentent un certain coût, elles sont également un gage de garantie et de confiance non négligeable ; ne l’oubliez pas.
13 questions à se poser pour faire le bon choix
- Vérification de crédit : l’organisme de diagnostic immobilier en question est-il solvable et repose-t-il sur une économie prospère ?
- Formation : le diagnostiqueur a-t-il pris le temps de suivre les formations adéquates avant de se lancer dans ce secteur et de mener à bien des Repérages Amiante ?
- Qualifications : quelles sont les qualifications que le diagnostiqueur doit détenir pour pouvoir prétendre fournir un service de qualité ?
- Expérience : combien de Repérages Amiante l’organisme a-t-il mené à bien et comment chacun d’eux s’est-il déroulé ?
- Références : essayez de trouver au moins deux précédents clients de l’organisme de diagnostic immobilier en question qui le rappelleraient sans hésiter s’ils avaient de nouveau besoin de réaliser un Repérage Amiante
- Evaluation des risques : comment le diagnostiqueur immobilier estime-t-il le risque des opérations de repérage à mener à bien sur votre site ?
- Indépendance, impartialité et intégrité : quelles sont les règles établies au sein de l’organisme de diagnostic et comment sont-elles vérifiées ?
- Système de management par la qualité : quel est-il et comment est-il vérifié ?
- Méthodologie de repérage : quelles méthodes le diagnostiqueur compte-t-il appliquer au moment d’intervenir sur votre site ?
- Développement professionnel continu (DPC) : comment le personnel de l’organisme de diagnostic entreprend-t-il le développement professionnel continu ?
- Vérification : quelles sont les procédures de vérification mises en place dans le cadre des Repérages Amiante ?
- Contre-diagnostics immobiliers : Quelles sont les procédures de contre-diagnostics en vigueur ?
- Exemple de rapport : procurez-vous un rapport réalisé par le diagnostiqueur pour un autre client se trouvant dans des conditions plus ou moins similaires aux vôtres (réhabilitation ou démolition). Le rapport est le produit final sur lequel il vous faudra vous baser pour lancer les démarches suivantes ; il est donc nécessaire que vous vous assuriez qu’il vous conviendra aussi bien dans le fond que dans la forme.
Une fois que vous avez rassemblé toutes les informations dont vous jugiez nécessaire de disposer au sujet des organismes auxquels vous songez à confier la réalisation du Repérage Amiante de votre site, vous pouvez prendre le temps de les analyser en profondeur. Ne songez pas au prix tant que vous n’avez pas déterminé le diagnostiqueur qui, pour vous, effectuera le meilleur travail possible.
Les fibres d’amiante se caractérisent par leur finesse ; en effet, elles sont entre 2000 et 3000 fois plus fines qu’un cheveu ! Ainsi, elles sont non seulement invisibles à l’oeil nu car extrêmement fines et incolores, mais également indolores lorsqu’elles sont inhalées. Par conséquent, quand des particules d’amiante sont suspendues dans l’air, les risques sanitaires impliqués sont importants, mais restent difficilement détectables ; c’est justement là que réside tout le danger. Afin de mesurer toute l’ampleur des risques provoqués par l’exposition à l’amiante, il est alors nécessaire d’avoir recours à des techniques d’analyses de l’amiante spécifiques dont les procédés répondent strictement à la réglementation en vigueur.
Dans une première partie, nous avons déjà parlé des analyses portant sur les matériaux solides. Nous vous invitons ainsi, dans un second temps, à en apprendre davantage sur la stratégie d’échantillonnage de fibres d’amiante dans l’air ainsi que sur les techniques d’analyses qui y font suite.
Pour comprendre toutes les étapes d’un projet de désamiantage, nous vous invitons à consulter ce guide complet sur le désamiantage.
L’échantillonnage, l’étape préalable nécessaire à la réalisation d’analyses de l’amiante dans l’air
Lorsque l’état de matériaux contenant de l’amiante se dégrade, des fibres sont libérées dans l’air. Dans un tel cas, il est important de mesurer la présence atmosphérique de ces fibres, afin de pouvoir intervenir au mieux pour éliminer tout risque sanitaire pouvant découler de l’exposition à l’amiante.
En premier lieu, il est ainsi nécessaire de mettre en place une stratégie d’échantillonnage adaptée aux conditions du site où l’on veut intervenir. Le prélèvement d’un échantillon d’amiante dans l’air se déroule en plusieurs étapes :
- Tout d’abord, on installe une pompe à air, dont le calibrage dépendra des caractéristiques de la zone à dépolluer, que l’on équipe d’un filtre d’esters de cellulose mélangés (ECM) placé dans une tête spécifique
- Lorsque l’air passe au travers de ce filtre, les éventuelles fibres d’amiante qu’il est susceptible de contenir sont retenues. Là encore, la durée de prélèvement est variable selon les cas
- Enfin, le filtre est extrait de la pompe et déposé sur une grille de microscopie, vouée à être envoyée en laboratoire pour analyses
Note : Pour aller plus loin sur le sujet et en apprendre davantage sur la réglementation encadrant cette phase, vous pouvez également consulter le guide d’application de la norme NF EN ISO 16000-7 – Stratégie d’échantillonnage pour la détermination des concentrations en fibres d’amiante en suspension dans l’air (GA X46-033 Août 2012).
Par quoi les analyses de l’amiante dans l’air se caractérisent-elles ?
Une fois l’échantillon prélevé et préparé à être analysé, il part en laboratoire. Si au départ, on avait recours à une technique reposant sur la Microscopie Optique à Contraste de Phase (MOCP), les analyses sont aujourd’hui menées par Microscopie Électronique à Transmission. Nous vous invitons, dans la suite de cet article, à découvrir avec nous en quoi consistent ces deux techniques d’analyses.
La Microscopie Optique à Contraste de Phase
Appliquée afin de contrôler l’exposition des opérateurs en désamiantage par rapport à la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP), fixée, pour rappel, à 10 fibres d’amiante par litre d’air sur 8 heures d’exposition, cette méthode permettait de réaliser des contrôles en cours de chantier directement aux postes de travail ou encore au sein du compartiment du tunnel d’accès à la zone de confinement, où les opérateurs ôtent leurs équipements de protection respiratoires lorsqu’ils en sortent.
Or, cette technique de mesure n’est plus utilisée depuis 2012, année au cours de laquelle elle a été remplacée par le recours à la Microscopie Électronique à Transmission (MET).
La Microscopie Électronique à Transmission
Pour rappel, la MET consiste en l’usage d’électrons et de lentilles électromagnétiques, ce qui permet de réaliser une observation des plus précises.
Pour plus de détails au sujet de cette technique, nous vous invitons à lire, si ce n’est pas déjà fait, le premier volet de nos articles sur les analyses de l’amiante, où nous nous sommes intéressés à l’analyse matériau :
Pour votre projet de désamiantage faisant suite aux analyses de l’amiante dans l’air, faites appel à Ecolex
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